Code de Déontologie de l’association française des assistants de service social

 

Ce  code de déontologie a été adopté lors de l’Assemblée générale du 28 novembre 1994

PREAMBULE

L’A.N.A.S., en tant qu’association professionnelle, mène depuis sa création en 1945, une réflexion constante sur la Déontologie, concrétisée par la parution de deux codes : en 1949 et en 1981.

Le Service Social, en tant qu’activité professionnelle distincte et spécifique, est à la fois né du changement et lié aux changements de plus en plus rapides et foisonnants de la Société. Le Code tient compte de ces évolutions et des valeurs fondamentales qui sous-tendent la profession.

Ce Code s’appuie sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, sur les conventions internationales et sur les textes législatifs en vigueur en France qui mettent en évidence les droits des usagers et le respect du droit à la vie privée.

Ce Code est destiné à servir de guide aux Assistants de Service Social dans l’exercice de leur profession.

Ses dispositions s’imposent à tout adhérant de l’Association, titulaire du diplôme d’Etat d’Assistant de Service Social ou étudiant en Service Social.

 

 

TEXTES DE REFERENCE

VU :

-         la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de l’O.N.U. du 10 décembre 1948

-         la convention de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales du Conseil de l’Europe, Rome, 4 novembre 1965

-         la Charte Sociale Européenne signée à Turin le 18 octobre 1961, entrée en vigueur le 26 février 1965

-         la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant du 20 novembre 1989

-         le Code de la Famille et de l’Aide Sociale : art. 218 à 229 (art. 218, J.O. du 20/1/1991) sur les conditions d’exercice de la profession

-         le Code Pénal : art. 226-13 sur le respect du secret professionnel ; art. 226-14 sur les dérogations légales (J.O. du 23/7/1992)

-         le Code Civil : art. 9 (loi du 17 juillet 1970) sur le respect de la vie privée

-         la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés

-         la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 dont le titre I porte sur la liberté d’accès aux documents administratifs, complétée par la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à l’amélioration des relations entre l’administration et le public

-         le Code International de Déontologie des Assistants de Service Social adopté par la F.I.A.S., Assemblée Générale, SRI-LANKA, août 1994

-         la définition du Service Social donnée en 1959, par la division des Affaires Sociales des Nations Unies.

LA PROFESSION  D’ASSISTANT DE SERVICE SOCIAL

L’Assistant de Service Social est au service de la Personne Humaine dans la Société.

Son intervention vise :

-         à l’épanouissement et à l’autonomie des personnes, groupes ou communautés

-         au développement des potentialités de chacun en le rendant acteur de son propre changement

-         à l’adaptation réciproque Individus/Société en évolution.

L’Assistant de Service Social participe au développement social en apportant son concours à toute action susceptible de prévenir les difficultés sociales et d’améliorer la qualité de la vie.

L’Assistant de Service Social engage sa responsabilité à l’égard :

-         des personnes auxquelles s’adresse son activité

-         des lois régissant sa profession

-         des institutions au sein desquelles la profession est exercée.

L’organisation et la pratique de la profession s’inscrivent dans le cadre des institutions et de la législation en vigueur.

La formation continue, du fait de l’évolution des connaissances et de la société, s’impose à tout Assistant de Service Social  comme une nécessité.

 

TITRE I

PRINCIPES GENERAUX ET DEVOIRS

Art.1 – De la dignité de la personne

Le respect de la personne fonde, en toute circonstances, l’intervention professionnelle de l’Assistant de Service Social.

Art. 2 – De la non-discrimination

Dans ses activités, l’Assistant de Service Social  met sa fonction à la disposition des personnes, quels que soient leur race, leur couleur, leur sexe, leur situation, leur nationalité, leur religion, leur opinion politique et quels que soient les sentiments que ces personnes lui inspirent.

Art. 3 – De la confidentialité

L’établissement d’une relation professionnelle basée sur la confiance fait de l’Assistant de Service Social  un « confident nécessaire » reconnu comme tel par la jurisprudence et la doctrine.

Art. 4 – Du secret professionnel

L’obligation légale de secret s’impose donc à tous les Assistants de Service Social  et étudiants en service social, sauf dérogations prévues par la loi.

Art. 5 – De la protection et de la communication des données nominatives

L’Assistant de Service Social  doit toujours veiller à la protection du dossier de l’usager et avoir conscience que ce dossier est communicable à la personne concernée.

La constitution des dossiers doit tenir compte des dispositions légales sur l’accès aux documents administratifs.

Art. 6 – L’introduction et le développement des technologies modernes de recueil et de traitement des informations, imposent à l’Assistant de Service Social de se préoccuper, dès la phase de conception d’un projet, des règles de conservation et de recoupements, au regard du respect de la vie privée des individus et des familles.

Art. 7 – De l’indépendance et de la liberté

L’Assistant de Service Social  ne peut accepter d’exercer sa profession dans des conditions qui compromettraient la qualité de ses interventions. Il doit donc être attentif aux formes et conditions de travail qui lui sont proposées et aux modifications qui pourraient survenir.

Tenant compte de la nature et des objectifs de l’organisme employeur, il s’assure qu’il peut disposer de l’autonomie nécessaire :

-         pour choisir la forme de ses interventions et les moyens à employer

-         pour décider de la poursuite ou de l’arrêt de son action.

Art. 8 – L’Assistant de Service Social  ne peut, en aucun cas, utiliser sa fonction à des fins de propagande. Il ne peut s’en servir pour procurer ou tenter de procurer à qui que ce soit, des avantages injustifiés ou illicites. L’Assistant de Service Social  salarié ne peut accepter des personnes ressortissant de son champ d’activité professionnelle, une rémunération pour services rendus.

Art. 9 – De la compétence

L’Assistant de Service Social  a l’obligation de compétence, c’est à dire :

-         maîtriser sa pratique professionnelle et tendre constamment à l’améliorer

-         développer ses connaissances

-         être vigilant quant aux répercussions que peuvent entraîner ses interventions dans la vie des personnes et celle des institutions.

 

TITRE II

DEVOIRS ENVERS LES USAGERS

A – INTERVENTION DIRECTE AUPRES DES USAGERS

Art. 10 – Lorsqu’il intervient, l’Assistant de Service Social  procède à une évaluation aussi complète que possible avant de proposer une réponse à la demande formulée

Art. 11 – L’Assistant de Service Social  doit rechercher l’adhésion des intéressés à tout projet d’action les concernant, en toutes circonstances et quelle que soit la façon personnelle dont ils peuvent exprimer leur adhésion.

Art.12 – L’Assistant de Service Social  informe les intéressés des possibilités et des limites de ses interventions, de leur conséquences, des recours possibles.

 

Art. 13 – Toute action commencée doit être poursuivie. L’Assistant de Service Social  doit faire le nécessaire pour éviter les conséquences fâcheuses qui pourraient résulter de l’interruption de son action.

Art. 14 – L’Assistant de Service Social  doit aux personnes qui s’adressent à lui une aide d’une durée aussi longue que l’exige la situation, en dépit des difficultés rencontrées et quels que soient les résultats obtenus.

Il ne doit pas s’imposer lorsque son aide n’est plus nécessaire.

Art. 15 – L’Assistant de Service Social  ne doit pas accepter d’intervenir, ni de fournir des renseignements dans un but de contrôle.

Art. 16 – Lorsque, dans l’exercice de ses fonctions, l’Assistant de Service Social  constate une fausse déclaration, il lui appartient d’en faire prendre conscience à ceux qui en sont les auteurs, mais il n’a pas à les dénoncer.

Art. 17 – L’Assistant de Service Social  ne doit ni déposer, ni témoigner en justice pour tout ce dont il a pu avoir connaissance du fait ou en raison de sa profession – obligation confirmée par la jurisprudence – et garde cependant , aux termes de la loi, selon les dispositions du Code Pénal, la liberté de témoigner dans les cas de dérogation au secret professionnel.

 

B - INTERDISCIPLINARITE ET PARTENARIAT

Art. 18 – La situation de l’usager impose souvent la nécessité soit d’une concertation interdisciplinaire, soit de faire appel à un dispositif partenarial mettant en présence des acteurs sociaux diversifiés ou de multiples institutions. L’Assistant de Service Social  limite alors les informations personnalisées qu’il apporte aux seuls éléments qu’il estime strictement indispensables à la poursuite de l’objectif commun, dans le respect des articles 11 et 12 du présent Code.

 

Art. 19 – Dans ces instances, l’Assistant de Service Social  veille plus particulièrement à la confidentialité des informations conformément au droit des usagers.

Art. 20 – L’Assistant de Service Social  n’est délié d’aucune de ses obligations envers l’usager, quelle que soit la forme d’action commune et quels que soient les intervenants, même soumis au secret professionnel selon les termes de l’art. 226-13 du Code pénal.

 

TITRE III

OBLIGATIONS ENVERS LES ORGANISMES EMPLOYEURS

Art. 21 – L’Assistant de Service Social  rend compte régulièrement de son activité aux responsables de son organisme employeur. Il le fait dans la forme la mieux adaptée au contexte dans lequel il s’insère, et dans les limites compatibles avec le secret professionnel et les objectifs généraux de sa profession.

Art. 22 – L’Assistant de Service Social  assume la responsabilité du choix et de l’application des techniques intéressant ses relations professionnelles avec les personnes. Il fait connaître à l’employeur les conditions et les moyens indispensables à l’intervention sociale qui lui est confiée. De même, il se doit de signaler tout ce qui y fait entrave. De ce fait, il ne peut être tenu pour responsable des conséquences d’une insuffisance de moyens ou d’un défaut d’organisation du service qui l’emploie.

Art. 23 – Il entre dans la mission de l’Assistant de Service Social  d’apporter aux responsables de son organisme employeur, les éléments susceptibles d’éclairer les décisions en matière de politique d’action sociale.

 

 

TITRE IV

OBLIGATIONS ENVERS LA PROFESSION

Art. 24 – Les objectifs de la profession et la façon dont ils sont pratiquement mis en œuvre, doivent faire l’objet d’études et de réflexions constantes de la part des Assistant de Service Social, pour assurer la qualité du service rendu à l’usager.

Art. 25 – L’Assistant de Service Social  a l’obligation de contribuer à l’évolution constante de sa profession dans un souci d’ajustement aux évolutions de la société.

Art. 26 – L’Assistant de Service Social  doit avoir une attitude de confraternité à l’égard de ses collègues. Il observera les devoirs de l’entraide professionnelle et s’abstiendra de tout acte ou propos susceptible de leur nuire.

TITRE V

SANCTIONS

Art. 27 – Les manquements graves aux dispositions du présent Code relèvent de la Commission de contrôle, constituée dans le cadre des statuts de l’Association (art. 5, 19 et 20).



Association Nationale des Assistants de Service Social 15, rue de Bruxelles 75009 PARIS tel: (33) 01.45.26.33.79 fax: (33) 01.42.80.07.03  (c) A.N.A.S.

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